Exporter vers le Japon : tout savoir sur l’accord de libre-échange UE–Japon (JEFTA)

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Adrien Brechet Adrien Brechet

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Le dispositif  JEFTA (Japan-EU Free Trade Agreement) est désormais pleinement opérationnel : la majorité des réductions tarifaires prévues sont effectives, les règles d’origine ont été adaptées au HS 2022, et les procédures douanières sont mieux harmonisées. L’accord continue d’évoluer et s’étend à de nouveaux domaines stratégiques, notamment le commerce numérique et la circulation sécurisée des données, confirmant la solidité du partenariat économique entre l’Union européenne et le Japon.


Article initialement publié en 2018 — mis à jour en novembre 2025.

Les exportateurs européens ont intégré les avantages du JEFTA (Japan–EU Free Trade Agreement), entré en vigueur le 1er février 2019. L’accord a permis la suppression des droits de douane sur près de 90 % des produits européens exportés vers le Japon, un marché de plus de 125 millions d’habitants. Six ans après son entrée en vigueur, l’accord continue de produire ses effets et s’élargit à de nouveaux domaines, dont l’e-commerce.

Les effets du JEFTA sur les échanges entre l’Union européenne et le Japon

Le JEFTA reste l’un des accords de libre-échange les plus ambitieux jamais conclus par l’Union européenne avec un pays tiers. Paraphé le 17 juillet 2018, il a ouvert de nouveaux débouchés pour les exportateurs français, notamment dans les secteurs agricoles et agroalimentaires qui étaient déjà excédentaires avec le Japon. La filière agricole française a été parmi les grandes bénéficiaires :

  • Suppression des droits de douane sur le vin (15 %), le fromage (30 %), et la viande bovine (38 %) ;
  • Meilleure protection des indications géographiques européennes (Roquefort, Comté, Champagne, etc.) ;
  • Reconnaissance mutuelle de plusieurs normes sanitaires et phytosanitaires, facilitant les contrôles à l’export.

Le message politique reste clair : libéralisation des échanges et ouverture des marchés, à contre-courant du protectionnisme.

Comment prouver l’origine préférentielle dans le cadre du JEFTA ?

L’accord prévoit la suppression intégrale des droits de douane sur environ 90 % des produits issus de l’UE, et les autres produits ont fait l’objet d’un démantèlement progressif sur 16 ans, aujourd’hui largement achevé.

Pour bénéficier des préférences tarifaires, les exportateurs doivent prouver l’origine préférentielle européenne de leurs marchandises. Le système REX (Registered Exporter System) demeure l’outil européen de référence pour certifier cette origine et permettre à vos clients japonais de bénéficier des tarifs préférentiels. Ce dispositif prévoit :

  • La possibilité de couvrir plusieurs envois identiques par une même attestation d’origine, valable jusqu’à 12 mois ;
  • La suppression des certificats papier : une déclaration sur facture suffit ;
  • Les entreprises exportatrices doivent être enregistrées dans le système REX pour bénéficier du régime préférentiel.

En 2025, les règles d’origine du JEFTA ont été adaptées au tarif douanier HS 2022, et plusieurs précisions ont été apportées par le Comité douanier UE–Japon concernant :

  • la définition de l’origine préférentielle pour certains produits industriels et chimiques ;
  • la vérification électronique des déclarations ;
  • l’échange de données numériques sécurisées entre autorités douanières.

Un nouveau volet du JEFTA pour encadrer le commerce digital

Depuis 2023, l’Union européenne et le Japon ont lancé de nouvelles discussions visant à étendre le JEFTA au commerce électronique et aux flux de données.
Un accord sur les échanges de données transfrontalières a été signé en octobre 2023, visant à :

  • faciliter la transmission sécurisée de données commerciales ;
  • reconnaître la valeur juridique des documents électroniques ;
  • harmoniser les règles de cybersécurité et de protection des données.

Ces dispositions s’intègrent progressivement dans le cadre du JEFTA, à la manière de ce qui a été fait avec le Digital Trade Agreement UE–Singapour.

En août 2025, la Commission européenne a lancé une consultation publique sur la mise en œuvre du JEFTA. L’objectif est de mesurer les retombées économiques concrètes pour les entreprises européennes et identifier les secteurs encore sous-utilisés. Les conclusions attendues en 2026 pourraient conduire à un élargissement de l’accord à de nouveaux domaines comme la durabilité, les services financiers ou les marchés publics numériques.